Le marché de la restauration au Canada : un nouvel eldorado ?

Après le succès du FoodBytes à Londres, nous partons maintenant à la conquête du marché Canadien dans le cadre de la French Tech Tour.
Retour sur ces deux semaines inédites, surprenantes … et innovantes !

Emmanuel raconte :

Je viens de passer deux semaines au Canada grâce au programme French Tech Tour de la Business France et de la BPI.

Nous sommes partis avec 6 autres startup françaises, toutes dans l’High tech ou le logiciel, pour un programme consistant à analyser le marché canadien et nord-américain, étudier la concurrence, rencontrer des experts et des prospects afin de tester la présentation de nos produits auprès de futurs potentiels clients.

Une expérience unique à Toronto et Montréal !

Il faut garder en tête que le marché Canadien est relativement petit : 36 Millions d’habitants à comparer aux 67 Millions en France. Il en est de même pour le marché de la restauration, principalement concentré en Ontario et au Québec, mais aussi à Montréal avec beaucoup de restaurateurs français installés sur place. Résultat : moins de 100 000 restaurants à comparer au 270 000 en France.

Ceci étant dit, la marché Canadien offre de belles opportunités ..

Tout d’abord il y a un vrai besoin d’outils pour gérer la rentabilité et notamment les coûts matières. Selon une étude récente de l’ARQ (Association des Restaurateurs du Québec), le coût des produits alimentaires est le 1er irritant pour 72% des restaurateurs. Pour 62% d’entre eux, ce qui nuit le plus à la rentabilité d’un restaurant est l’augmentation du coût de la nourriture. 7 restaurants sur 10 ferment dans les 5 ans et 50% des restaurants de Montréal ouvrent et ferment chaque année !
C‘est dire le besoin d’un outil pour contrôler les coût matières et la rentabilité !

Ensuite parce qu’il n’y a quasiment pas d’offre d’outil de gestion de la restauration. Le seul éditeur local, Promenu, est uniquement positionné sur le secteur de la santé et ne dispose pas de solution Mobile ou Internet. Il vient d’ailleurs d’être racheté par une grosse SSII. Les fonctions de backoffice (stock, recettes, et approvisionnements) sont en général proposées par les éditeurs de système d’encaissement mais avec des fonctions relativement basiques et qui ne sont généralement pas utilisées par les restaurateurs.

Le marché Canadien est une véritable porte d’entrée pour le marché Nord-Américain permettant un « soft landing » pour une société européenne : l’accès au marché Québécois est facilité par l’utilisation du français, bien que cela suppose de franciser ce qu’on anglicise à tout prix ici en France ! Même KFC a dû changer son nom la bas et s’appeler PFK (le Poulet Frit du Kentucky) ! Ceci dit, quand on réalise que ce territoire de 8 Million d’habitants a réussi à maintenir le français depuis 400 ans, quand tant de langues ont disparues en Europe dans le même temps, alors qu’ils sont entourés de 400 Millions d’anglophone, on comprend que ce soit grâce à un combat quotidien ! Le marché des USA est très complexe et très coûteux : disparités fiscales entre les états avec des risques importants, concurrence 10 fois plus forte qu’en Europe, taille du marché gigantesque, coûts d’entrée d’un million de dollars US avant de faire le premier CA..
Ainsi, le marché canadien peut être une étape intéressante, permettant de démarrer à moindre coût tout en étant en Amérique du Nord et préparer l’attaque des USA depuis une base à Toronto ou Montréal à 1 heure de vol de New York, Boston ou Chicago.

L’heure du bilan

En résumé, le Canada est sans aucun doute un eldorado nous permettant de lancer nos activités en Amérique du Nord où les besoins sont sensiblement les mêmes qu’en Europe.
Ce voyage confirme aussi ce que je pressens depuis plus de 20 ans d’activité en restauration : la France est en avance sur le reste de la planète en ce qui concerne la gestion d’une activité de restauration : la complexité et diversité des offres, l’éclatement de la distribution, l’utilisation de produits frais, la liaison froide des cuisines centrales, les centrales de référencements (quasiment inexistantes ailleurs), etc. ont conduit notre marché à se structurer et s’équiper d’outil comme Easilys.

Ainsi, l’outil répond largement aux besoins attendus ailleurs qu’en France.
J’ai également noté une autre grande différence entre les américains et nous : ils sont très forts en vente, marketing et tout ce qui peut développer un chiffre d’affaires. En revanche, nettement moins en ce qui concerne la mise en place de process et d’organisation interne.. et c’est justement notre point fort !

N’hésitez pas à me contacter pour échanger : egrelaud@easilys.com

Emmanuel Grelaud,
Président et co-fondateur d’Easilys,